|
|
|
|
L'épidémie de grippe A n'a pas commencé ! |
|
|
Quatre questions au professeur Bruno Lina, directeur du
Centre national de référence de la grippe, à Lyon, et
délégué général du Groupe d'étude et d'information sur
la grippe (GEIG).
Où est passée la grippe A ?
Bruno Lina : Elle n'est pas en France, ou alors à un
très bas niveau. Je suis le premier surpris. Nous, les
experts, avions dit : « Méfions-nous de la rentrée
scolaire », car les enfants sont la boucle
d'amplification de l'épidémie. Même si on a tous les
jours au laboratoire un ou deux cas de grippe A
diagnostiqués à Lyon, l'épidémie n'a pas commencé.
Pour quelles raisons ?
C'est encore un peu mystérieux. Il a d'abord fait beau
en septembre. Les gens sont moins confinés à l'intérieur
des bâtiments et le virus se propage moins. Il y a eu
beaucoup de mesures d'hygiène et elles ont été bien
appliquées.
N'a-t-on pas surestimé l'épidémie ?
Non, et maintenant il ne faut pas la sous-estimer. Elle
va arriver, c'est certain. Mais je ne connais pas le
calendrier de la pandémie.
Le discours sur la grippe A semble moins alarmiste
aujourd'hui...
Entre le 24 avril, date du début de la pandémie, et
aujourd'hui, nous avons acquis des connaissances sur le
virus que nous n'avions pas avant. On sait que ce n'est
pas une grippe plus dangereuse que la grippe saisonnière
en termes de mortalité. Il n'y a pas de raison de dire
que le H1N1 va tuer X millions de personnes. On reste
cependant sur un schéma de 20 millions de personnes
infectées. Le vrai problème reste la désorganisation du
pays. D'où l'enjeu de la vaccination de masse qui va
débuter fin octobre.
Les Français, notamment les personnels de santé,
semblent pourtant réticents à se faire vacciner...
Il est du devoir professionnel des personnels soignants
de se faire vacciner. Mais je ne suis pas forcément en
faveur d'une vaccination de la totalité de la population
française.
Source
20 minutes
|
|
|
|
|